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Animée par le désir de toujours questionner les possibilités du corps en formes et en mouvements, la chorégraphe Isabelle Van Grimde érige son œuvre sur la manipulation de trois éléments fondamentaux: le corps, l’espace, le temps. La particularité du vocabulaire d’Isabelle Van Grimde tient à la manière de lier étroitement recherche formelle et sensibilité; émane de cette recherche un langage épuré, fondé sur l’étirement extrême du corps. De ces corps poussés à la limite de leurs possibilités se dégage le tissu émotif de l’œuvre.

Retour aux origines

Dans ses premières créations, la Montréalaise Isabelle Van Grimde explore les facettes plus théâtrales du corps dansant. Pour sa compagnie Van Grimde Corps Secrets qu’elle fonde en 1992, elle crée Secrets Vestiges, Au sommet de tes côtes et l’œuvre ciné-scénique Par la peau du cœur. Ces œuvres, créées dans le cadre de partenariats avec Danse-Cité et les Rendez-vous du cinéma québécois, tournent dans plusieurs villes du Canada.

Avec À l’échelle humaine (1996), Isabelle Van Grimde oriente sa recherche sur la puissance de la physicalité et la communication par le corps. Viennent les premières invitations à des résidences de création en Europe, offertes par Charleroi Danse et par le Centre Klapstuk de Louvain. À la liste des hôtes et coproducteurs s’ajouteront bientôt Dans in Kortrijk, le Manège-Scène nationale de Maubeuge et le Centre chorégraphique de Rennes.
Propulsée sur la scène internationale, Isabelle Van Grimde crée à Montréal et à l’étranger, sans interruption ou presque, May All Your Storms Be Weathered (1998), Maisons de poussière (1999), Pour quatre corps et mille parts inséparables (2000), présentée dans une première version pour trois corps, et Trois vues d’un secret (2000). May All Your Storms Be Weathered origine d’une commande de l’Ensemble Ereprijs des Pays-Bas pour un projet de jumelage de quatre compositeurs et quatre chorégraphes de pays différents.

Ces œuvres hissent Van Grimde Corps Secrets au sein des compagnies les plus en vue à Montréal. Son répertoire est diffusé dans les Maisons de la culture, au Centaur et à la Salle Pierre-Mercure. L’Agora de la danse, lieu consacré à la diffusion de la danse contemporaine et partenaire convaincu, accueille et diffuse les plus récentes créations.
Les lieux d’accueil se multiplient. Aux villes d’Arnhem, Nijmegen et Apeldoorn aux Pays-Bas, Maubeuge en France, Anvers, Charleroi et Liège en Belgique, qui ont reçu les œuvres de la première vague, s’ajoutent aujourd’hui Potsdam, Leipzig et Dresden (Allemagne), Breda (Pays-Bas), Varsovie, Lublin (Pologne) et Bratislava (Slovaquie). Partout, le public est intrigué et touché par la danse d’Isabelle Van Grimde.

Sensibilisation et transmission

Éloquent porte-parole pour la danse, Isabelle Van Grimde a initié et participé à de nombreux projets. Très active en matière de sensibilisation des publics, elle a conçu l’activité Anatomie d’une création, en collaboration avec Danse-Cité. Elle intègre régulièrement de jeunes professionnels dans ses projets de création, et sa vaste expérience fait d’elle une enseignante au talent fort prisé; en ont bénéficié les élèves et étudiants du Studio 303 dont elle est cofondatrice, de l’École supérieure de danse du Québec, des Ateliers de danse moderne de Montréal, de Danse Partout à Québec et du département de danse de l’Université Concordia. À l’étranger, elle a dirigé des ateliers pour la Hogeschool voor de Kunsten à Arnhem (Pays-Bas), Dance City à Newcastle (Royaume-Uni), la Palucca Schule à Dresden (Allemagne) et les Rencontres internationales de danse-théâtre de Lublin (Pologne).

Chorégraphies-concerts

Avec ses pièces les plus récentes, Trois vues d’un secret, Erosio, Saetta et Les chemins de traverse, la chorégraphe oriente sa création vers la recherche d’un nouveau dialogue avec la musique contemporaine. Elle intègre les musiciens à la scène et joue avec les corps et les sons pour recréer l’espace.
En 2000, l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM) commande à Isabelle Van Grimde Apocryphal Graffiti pour l’événement Unions Libres, sur une partition de Sean Fergusson. Robert Meilleur, danseur, et l’ECM au grand complet partagent la scène.
Peu après, l’ECM et Van Grimde Corps Secrets formulent le projet de créer un seul solo sur trois musiques originales, de durées variables, signées tour à tour par James Harley, Serge Arcuri et Michael Oesterle. Il en découle Trois vues d’un secret, travail dans lequel la chorégraphe se confronte à un fascinant exercice d’intégration des musiciens sur scène et amorce une réflexion sur le pouvoir de la musique.
Chorégraphie-concert pour cinq interprètes – trois danseuses et deux musiciens – Erosio est un projet initié par le saxophoniste Rémi Bolduc. La création se construit par couches superposées, véritable interaction entre la musique de Michel Frigon et la danse d’Isabelle Van Grimde. La soirée est complétée par la reprise du solo pour Robert Meilleur, rebaptisé Graffiti pour nuit blanche, et de Esquisse 1 : Lina, solo créé en 1998 pour Lina Malenfant sur une musique de Thomas Gossage.
De façon parallèle, Isabelle Van Grimde élabore un troisième projet de chorégraphie- concert, Saetta (2003), cette fois-ci avec la compositrice française Marie-Hélène Fournier.
En 2005, Isabelle Van Grimde crée Les chemins de traverse, trois soirées distinctes où la danse contemporaine rencontre trois styles musicaux: le jazz contemporain avec Thom Gossage Other Voices, la musique contemporaine avec le Nouvel Ensemble Moderne (NEM) et la musique électroacoustique avec Michel Frigon, Jean-Marc Bouchard, Chantale Laplante et Julien Roy.
À l'origine du concept des Chemins de traverse : la conviction que le processus de création est tout aussi riche que le résultat final; la volonté d'Isabelle Van Grimde de partager ce processus et le travail d'improvisation avec le public; le désir d'offrir différentes formes de représentation publique.
Cette série de spectacles explore les rapports entre musique improvisée et danse improvisée. Avec Les chemins de traverse, Isabelle Van Grimde précise les bases d'un travail axé sur l'œuvre ouverte, dessinant ainsi les lignes directrices de ses futures créations chorégraphiques. Le travail effectué avec le Nouvel Ensemble Moderne pour Les chemins de traverse servira de canevas pour les versions de Vortex, pièce coproduite par le Nouvel Ensemble Moderne-NEM, l’Arsenal de Metz, le Festival Danse au Canada et l’Agora de la Danse. Avec Vortex, Isabelle Van Grimde entend poursuivre son étude des pulsions et tensions élémentaires et viscérales (physiques) du corps, une réflexion qu’elle avait entreprise dans Erosio et Saetta. L’espace du spectacle et le concept « d’être dans l’espace » continuent de la fasciner. Comme dans certaines de ses œuvres antérieures, les danseurs partageront la scène avec les musiciens du NEM et leur chef.

En 2006-2007, Isabelle Van Grimde poursuit son exploration du concept de « l’œuvre ouverte » avec trois nouvelles versions des Chemins de traverse et sa nouvelle création, Perspectives, qui sera créée en collaboration avec des artistes provenant de diverses disciplines artistiques.



RICHE RENCONTRE
- Maître dans l’art de construire et de déconstruire des lignes nettes, d’organiser l’espace avec le corps-matériau (…). Ces corps qui se fragmentent sans jamais se déposséder de leur chair vibrante, deux jalons du parcours passionnant de cette artiste brillante. Isabelle Poulin, Le Devoir, Montréal, 1er mars 2002



SUCCÈS D'UNE FUSION DANSE ET MUSIQUE
- (...) son univers unique dont la spécificité est de faire fusionner pureté graphique et sensualité charnelle. Aline Apostolska, La Presse, Montréal, 2 mars 2002